Je reçois aujourd’hui un courriel d’une étudiante en traduction avec à peu près la phrase suivante :

Désireuse d’effectuer mon stage aux États-Unis, Madame Machin, l’une de mes enseignantes à l’université, m’a communiqué votre courriel.

Ce que me dit l’étudiante sans le savoir, c’est que Madame Machin souhaiterait effectuer son stage dans notre société, ce qui est ma foi assez surprenant.

On appelle cela un solécisme. C’est à éviter à tout prix car il ne s’agit pas d’une figure de style mais bel et bien d’une faute de grammaire ! À cette fin, il faut toujours bien comprendre quel est le sujet de la phrase. Ici, c’est Madame Machin, et c’est donc la seule qui peut grammaticalement être la désireuse.

Une manière de s’exprimer légèrement plus lourde, mais beaucoup plus correcte, aurait été :

Désireuse d’effectuer mon stage aux États-Unis, j’en ai parlé à Madame Machin, l’une de mes enseignantes à l’université, qui m’a communiqué votre courriel.

Là le sujet de la phrase redevient la rédactrice du courriel, et c’est donc elle la désireuse.

Je ne m’étendrai pas plus avant sur l’utilisation intempestive des virgules (une maladie qui affecte de nombreux journalistes reconvertis à la traduction) mais je remarque qu’il y a assez souvent un lien entre la « virgulite aiguë » et les solécismes.